Dévaluation réactive
La dévaluation réactive est la tendance à juger moins favorablement une proposition du seul fait qu'elle semble venir d'un adversaire.
La dévaluation réactive est la tendance à juger moins favorablement une proposition du seul fait qu'elle semble venir d'un adversaire.
Le biais a été décrit par Lee Ross et Constance Stillinger en 1988. Dans une première expérience, on demandait à des passants américains s'ils appuieraient un programme de réduction radicale des armes nucléaires des deux côtés. Présenté comme venant du président Ronald Reagan, le plan était jugé favorable ou équitable pour les États-Unis par 90 % des répondants ; attribué à des analystes anonymes, par 80 % ; attribué à Mikhaïl Gorbatchev, par 44 % seulement. En Israël, une proposition de paix israélienne a été moins bien notée quand on la disait d'origine palestinienne.
La dévaluation réactive pourrait découler de l'aversion à la perte, de la polarisation des attitudes ou du réalisme naïf. Elle nuit aux négociations : la même concession perd de sa valeur dès qu'elle vient de l'autre camp. Elle s'apparente au biais endogroupe.