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Trente-quatre ouvrages de scepticisme, de pensée critique et de vulgarisation scientifique — des essais, mais aussi six bandes dessinées et un roman —, proposés au fil des numéros du Québec sceptique, suivis d’une sélection de revues sceptiques et de…

Trente-quatre ouvrages de scepticisme, de pensée critique et de vulgarisation scientifique — des essais, mais aussi six bandes dessinées et un roman —, proposés au fil des numéros du Québec sceptique, suivis d’une sélection de revues sceptiques et de magazines de vulgarisation scientifique. Les descriptions des livres sont tirées des résumés des maisons d’édition ; ceux des livres en anglais ont été traduits par la rédaction de la revue.

Les trente-quatre titres

AnnéeTitreAuteurSujet
2026Ils ne soignent rien mais parlent très bienMaxime FrechPseudosciences
2025À l’assaut du réelGérald BronnerSociologie
2025Autopsie des complotsMarie-Charles DuboisComplotisme
2025Homo fragilisSamuel VeissièrePsychologie
2025The War on ScienceLawrence M. Krauss (dir.)Idéologie politique
2024Comment les riches ravagent la planèteHervé Kempf et Juan MendezBande dessinée
2024Guide ultime pour distinguer le vrai du fauxAntony Bertrand-GrenierScepticisme
2023Le club des anxieux qui se soignentFrédéric Fanget, Catherine Meyer et Pauline AubryBande dessinée
2023Mediator, un crime chimiquement purÉric Giacometti, Irène Frachon et François DupratBande dessinée
2023Social Justice FallaciesThomas SowellIdéologie politique
2023TestosterrorLuzBande dessinée
2022La pensée wokeDavid SantarossaIdéologie politique
2022Libertés malmenéesCollectifIdéologie politique
2022Mon frère est complotisteDavid Morin et Marie-Ève CarignanComplotisme
2022Quack QuackJoe SchwarczPseudosciences
2022RationalitéSteven PinkerScepticisme
2022Vers l’abrutissement de l’espèce humaineRomain GagnonIdéologie politique
2021Apocalypse cognitiveGérald BronnerSociologie
2021Bienvenue dans l’univers de la stupiditéSerge LarivéeScepticisme
2021J’ai vu les soucoupesSandrine KérionBande dessinée
2021La face cachée du grand monde des microbesBoucar DioufSciences
2021Le monde sans finChristophe Blain et Jean-Marc JancoviciBande dessinée
2020Pourquoi croit-on ?Thierry RipollPsychologie
2019Le triomphe des LumièresSteven PinkerScepticisme
2018BlueprintRobert PlominSciences
2018Tout ce que la science sait de la religionDaniel BarilReligion
2017Le Pharmachien, tome 3Olivier BernardScepticisme
2016L’impossible dialogueYves GingrasReligion
2015Liens de sangBernard ChapaisSciences
2006La Bible immoraleNormand RousseauReligion
2006Le singe en nousFrans de WaalSciences
2006Mystère sans magieCyrille BarretteScepticisme
2005Petit cours d’autodéfense intellectuelleNormand BaillargeonScepticisme
1967Le cycle des robotsIsaac AsimovRoman

Livres du Québec

Homo fragilis

Couverture de « Homo fragilis »Samuel Veissière, Aux origines évolutives de la fragilité humaine, Éditions Somme toute et FYP éditions, 2025.

Et si la fragilité, qui nous a permis de survivre, se retournait aujourd’hui contre nous ? Dans Homo fragilis, Samuel Veissière renverse notre compréhension de l’évolution humaine. Loin d’être une faiblesse, la vulnérabilité fut, selon lui, le moteur discret, mais décisif du succès de notre espèce. En investissant collectivement dans les enfants et les aînés — les plus fragiles d’entre nous — l’humanité a appris à coopérer, à transmettre, et à tisser un riche patrimoine culturel et technique.

Mais aujourd’hui, ce ressort ancien semble s’être déréglé. À l’ère de l’hyperconnexion et des réseaux sociaux, la souffrance devient un étendard identitaire, une monnaie d’échange sociale, un levier de pouvoir, et surtout, un marqueur de statut.

Pourquoi tant de jeunes, dans des sociétés pourtant sûres et abondantes, sombrent-ils dans l’anxiété ? Pourquoi la quête de reconnaissance se mue-t-elle en compétition victimaire ? Comment l’éthique du soin — si essentielle à la survie humaine — a-t-elle pu engendrer de nouvelles formes de censure, d’exclusion, et parfois même de violence ?

Entrevue avec l’auteur à Radio-Canada OHdio

Conférence de l’auteur aux Sceptiques du Québec, septembre 2025

Autopsie des complots

Couverture de « Autopsie des complots »Marie-Charles Dubois, De la terre plate à l’extermination des Blancs, Autopsie Éditions, 2025.

Pourquoi ces théories séduisent-elles nos proches ? Les complots ne sont plus marginaux : ils s’invitent aux soupers de famille, sur les réseaux sociaux et dans les débats politiques. Certains font sourire, d’autres inquiètent, tous interpellent. À l’heure où la désinformation et la manipulation circulent plus vite que les faits, comprendre ces croyances devient essentiel.

Ce premier tome enquête sur six théories majeures : la terre plate, les chemtrails, la grande réinitialisation, le complot vaccinal, le grand remplacement (génocide blanc) et le monde simulé. Il analyse ces complots, vérifie les faits, retrace leurs origines, mesure leur diffusion et interroge leurs impacts.

Écrit avec lucidité et respect, ce livre expose les faits sans les tordre et éclaire les tensions bien réelles qui traversent nos sociétés : science, santé, identité, démocratie et technologie.

Chapitre 3, « La grande réinitialisation », repris dans Le Québec sceptique no 119

Conférence de l’autrice aux Sceptiques du Québec, avril 2026

Guide ultime pour distinguer le vrai du faux

Couverture de « Guide ultime pour distinguer le vrai du faux »Antony Bertrand-Grenier, Recueil intégral de la pensée critique, Presses du Méridien, 2024.

Dans un monde où nous avons accès à une quantité considérable d’informations, comment peut-on s’y retrouver lorsque les connaissances, les croyances et les opinions s’entremêlent ? Comment distinguer le vrai du faux, l’information de la désinformation, la science de la pseudo-science, la médecine de la pseudo-médecine ou la connaissance de la croyance ? Comment reconnaître un expert si l’on ne s’y connait pas dans le domaine ? Comment s’assurer que notre interlocuteur ne tente pas de nous manipuler et d’abuser de notre crédulité ? Comment faire comprendre à quelqu’un que ce qu’il pense est faux ?

Cet ouvrage présente des outils, des techniques et des méthodes pour vérifier les informations sur Internet, dans les médias et dans la vie quotidienne. Il traite de biais cognitifs, arguments fallacieux, science, pseudo-science, pensée critique, niveaux de preuves, gourous, sectes, manipulations, et plus encore. Ce livre offre des pistes de réflexion permettant de développer ses compétences critiques, fournissant un éclairage à quiconque cherche la vérité.

Prix Sceptique 2025, décerné à l’auteur notamment pour cet ouvrage

Conférence de l’auteur aux Sceptiques du Québec sur les biais cognitifs et les techniques de persuasion, février 2025

Conférence de l’auteur aux Sceptiques du Québec sur les arguments fallacieux, juin 2025

Vers l’abrutissement de l’espèce humaine

Couverture de « Vers l’abrutissement de l’espèce humaine »Romain Gagnon, Inventaire des délires idéologiques du XXIe siècle, Éditions Stratégikus, 2022.

La criminalisation de l’avortement revient en force tout comme le hijab, ce symbole de soumission des femmes. Des théories conspirationnistes délirantes circulent sur les réseaux sociaux. Des journalistes perdent leur emploi pour avoir prononcé le mot en N. Des hommes peuvent désormais participer aux épreuves olympiques féminines sur la seule base de leur ressenti. Des magazines font la promotion de l’obésité. Et pendant ce temps, la planète brûle.

Cet essai politique décrie les délires idéologiques de l’heure, autant ceux de l’extrême gauche que ceux de l’extrême droite. L’auteur y trace un effarant portrait de l’Occident et nous invite à réfléchir sur l’avenir de notre civilisation. Avec la rigueur intellectuelle propre à sa profession, il démontre que les égarements de l’heure partagent la même famille ontologique : le déni de la biologie. Darwin avait pourtant chassé cette faille naturelle chez l’humain, mais elle revient au galop.

Conférence de Romain Gagnon sur son livre, à l’Association humaniste du Québec

Mon frère est complotiste

Couverture de « Mon frère est complotiste »David Morin et Marie-Ève Carignan, Comment rétablir le lien et le dialogue social, Les éditions de l’Homme, Montréal, 2022.

Que sait-on du complotisme ? Comment rétablir le lien avec mon frère ou ma sœur à qui je ne peux plus parler ? Marginal il y a quelques années, le conspirationnisme s’est immiscé dans nos vies durant la pandémie de COVID-19. Présents dans les médias, sur les réseaux socionumériques et dans les manifestations, les complotistes se sont également fait entendre dans les familles, les cercles d’amis et les milieux de travail, au point de devenir un enjeu de premier plan.

Pour bien cerner ce phénomène complexe aux ramifications psychologiques, sociales, historiques, politiques, médiatiques et idéologiques, Marie-Ève Carignan et David Morin se sont entourés de plusieurs spécialistes, faisant la démonstration que la meilleure façon de déboulonner les préjugés — de part et d’autre — passe par la compréhension. Ils nous éclairent, avec des pistes d’action à la clé, sur l’importance de maintenir le lien et le dialogue, aussi bien dans les familles que dans la société. Car comprendre et déjouer le complotisme est l’affaire de tous : la paix et l’avenir de nos démocraties en dépendent.

Entrevue avec les auteurs à Radio-Canada OHdio

Conférence de Marie-Ève Carignan aux Sceptiques du Québec sur ce livre, décembre 2023

La pensée woke

Couverture de « La pensée woke »David Santarossa, Analyse critique d’une idéologie, Liber, 2022.

La définition du terme woke est plutôt floue et cela permet à n’importe qui d’identifier les personnes à qui il s’oppose comme wokes ou de dénoncer sous ce nom les demandes qui peuvent paraître les plus farfelues en matière de justice sociale. Une question dès lors se pose : est-ce que ces nouveaux interdits sont le fait de quelques militants un peu plus radicaux ou bien s’accordent-ils avec ce qu’on pourrait appeler la pensée woke ?

Autrement dit, comment définir cette pensée, ainsi que les individus que l’on qualifie comme étant wokes, sans faire la part belle aux plus extrémistes d’entre eux et sans faire preuve de complaisance en prenant pour argent comptant les propos de leurs porte-paroles les plus modérés ?

Compte rendu du livre dans L’Action nationale

Association humaniste du Québec, où l’auteur a donné une conférence le 16 février 2023

Libertés malmenées

Couverture de « Libertés malmenées »Collectif, Chronique d’une année trouble à l’Université d’Ottawa, Leméac, 2022.

Le 16 octobre 2020, trente-quatre professeurs de l’Université d’Ottawa publiaient une lettre ouverte défendant le principe de la liberté universitaire en appui à la professeure Verushka Lieutenant-Duval, accusée d’un supposé acte raciste dans le contexte d’un cours offert à la Faculté des arts. Ce geste a déclenché une saga qu’ils ne sont pas près d’oublier : campagne d’intimidation de la part des étudiants, confrontations avec des collègues et lourds démêlés avec l’administration. Des intellectuels de partout au Québec sont intervenus dans le débat, qui s’est déplacé dans l’arène politique.

Dans cet ouvrage, des membres du « groupe des 34 » relatent comment ils ont vécu et ressenti la crise, comment elle s’est imposée dans leur vie de professeurs. Plusieurs évoquent les effets qu’elle a eus sur leur façon d’exercer leur métier en s’interrogeant sur les pièges de l’autocensure et des multiples avertissements aux étudiants. D’autres réfléchissent aux conséquences de tels événements sur leur discipline et sur le développement et la transmission des connaissances. Certains, enfin, se penchent sur les dérives d’une université où la liberté d’enseignement est de plus en plus malmenée, soumise aux pressions du clientélisme et des divers militantismes.

Avec des textes de Pierre Anctil, Nathalie Bélanger, Geneviève Boucher, Marc Brosseau, François Charbonneau, Nelson Charest, Anne Gilbert, Yves Gingras, Verushka Lieutenant-Duval, E.-Martin Meunier, Isaac Nahon-Serfaty, Sylvie Paquerot, Maxime Prévost, Geneviève Tellier et Christian Vandendorpe.

Quack Quack

Couverture de « Quack Quack »Joe Schwarcz, The Threat of Pseudoscience, ECW Press, 2022.

Laissez le seul et unique Dr Joe combattre la pseudoscience et lancer une bouée de sauvetage à tous ceux qui se noient dans une mer de désinformation. « En définitive, l’auteur démontre avec succès comment les affirmations doivent être interrogées et analysées avant d’être acceptées. » — Library Journal

Nous sommes en pleine crise. Un tsunami de fausses nouvelles et de désinformation menace d’engloutir la science fondée sur des preuves. Bien que le charlatanisme — vaguement défini comme la diffusion de fausses « connaissances », souvent accompagnées de diverses versions de « l’huile de Saint-Joseph » — ne soit pas un phénomène nouveau, il n’a jamais représenté une menace aussi importante pour la santé publique qu’aujourd’hui. La COVID-19 a déclenché une avalanche sans précédent d’informations destructrices qui ont alimenté l’hésitation à se faire vacciner et ont orienté les gens vers des traitements non éprouvés.

Dans Quack Quack, le Dr Joe Schwarcz, qui lutte contre les fausses nouvelles depuis des décennies, se concentre sur le déluge d’anecdotes, de données sélectionnées et biaisées, d’absurdités pseudoscientifiques et d’allégations sur la santé non fondées qui sapent les efforts visant à éduquer le public sur la science fondée sur des preuves.

Office for Science and Society de l’Université McGill, que dirige l’auteur

La face cachée du grand monde des microbes

Couverture de « La face cachée du grand monde des microbes »Boucar Diouf, Et pourquoi nous leur devons tant, Les Éditions La Presse, septembre 2021.

À quoi sert le virus de la COVID ? C’est en voulant répondre à cette question que Boucar s’est lancé dans l’écriture de ce livre où il nous prend par la main pour nous faire vivre la fascinante histoire des microbes, ce monde invisible qui, depuis toujours, joue un rôle essentiel dans nos vies.

Entremetteurs, cuisiniers et nounous, les microbes sont un mal nécessaire pour la survie de l’humanité. Plein d’espoir, mais toujours lucide, le conteur biologiste nous montre à quel point notre destin est intimement lié à ces ancêtres très lointains. Et pourquoi on devrait avoir plus de respect pour cette forme de vie indispensable à la biodiversité, sans laquelle notre espèce n’existerait pas. Pour Boucar, les microbes « sont là pour enseigner l’humilité à ce bipède qui s’attribue le droit de vie et de mort sur le reste de la création ».

Bienvenue dans l’univers de la stupidité

Couverture de « Bienvenue dans l’univers de la stupidité »Serge Larivée, L’univers de la stupidité à la portée de tous, Éditions JFD, 2021.

Les recherches sur l’intelligence ont montré que le quotient intellectuel (QI) constitue une bonne mesure des capacités cognitives d’un individu. On a également établi que si, depuis le début du 20e siècle, le QI a progressé dans au moins une trentaine de pays, il a commencé à décliner au milieu des années 1990 dans certains pays. Comme il n’existe pas de quotient de stupidité, il faut s’en remettre aux comportements stupides pour en saisir la teneur et l’ampleur.

L’ouvrage, qui comprend seize chapitres de longueurs inégales, devrait permettre au lecteur d’en avoir un aperçu dans plusieurs aspects de la vie, dont le quotidien, les publicités, la politique, l’éducation et même les sciences. Au fil des chapitres, le lecteur découvrira les facteurs susceptibles de favoriser l’émergence de comportements stupides. Le dernier chapitre porte, entre autres aspects, sur la manière de contrer la stupidité.

Tout ce que la science sait de la religion

Couverture de « Tout ce que la science sait de la religion »Daniel Baril, Presses de l’Université Laval, 2018.

La littérature scientifique regorge d’informations sur le phénomène religieux qui, malheureusement, atteignent rarement le grand public. L’auteur a parcouru des centaines de ces travaux et nous livre, dans cet ouvrage de vulgarisation, des résultats qui étonneront tant les spécialistes de diverses disciplines que tous ceux et celles qui se questionnent sur le phénomène religieux.

Les données recueillies révèlent des aspects fort méconnus de la religion et défont plusieurs idées reçues. Est-il vrai, par exemple, que la religion est un gage de meilleure santé ? La croyance religieuse est-elle en régression ou connaît-elle une remontée ? Religion et morale vont-elles de pair ? La religion est-elle un facteur de violence ou de pacification ? Que révèlent les recherches scientifiques sur les expériences de mort imminente (near death experience) et les « sorties hors corps » ? Comment la théorie de l’évolution explique-t-elle l’origine et la persistance de la religion ?

Ce sont là quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage qui jette un regard critique sur le phénomène religieux en prenant résolument parti pour la science. Que vous soyez croyant ou incroyant, vous ne verrez plus la religion de la même manière après avoir lu ce livre.

Entrevue avec l’auteur à Radio-Canada OHdio

Conférence de l’auteur aux Sceptiques du Québec sur les expériences de mort imminente, septembre 2018

Compte rendu de cette conférence par Louis Dubé, dans Le Québec sceptique no 98

Le Pharmachien, tome 3

Couverture de « Le Pharmachien, tome 3 »Olivier Bernard, La bible des arguments qui n’ont pas d’allure, Les Malins, 2017.

Le lait est-il un poison mortel ? L’intestin est-il vraiment ton deuxième cerveau ? Les médecines vieilles de 4000 ans sont-elles nécessairement meilleures ? Les OGM menacent-ils l’humanité ? Le remède contre le cancer est-il gardé secret par Big Pharma ? La science est-elle une nouvelle religion ? Bienvenue dans le monde des arguments qui n’ont pas d’allure !

Si tu as l’impression que les études scientifiques se contredisent constamment, que les experts se battent entre eux pour avoir raison, que les gens prennent leurs opinions pour des faits et qu’il est pratiquement impossible de détecter les fausses informations sur la santé, ce livre va changer ta vie. Il t’apprendra à reconnaître certains types d’arguments douteux que tu rencontres partout — dans ta famille, dans les médias, sur le Web, sur la place publique — et qui sonnent l’alerte de la niaiserie.

L’impossible dialogue

Couverture de « L’impossible dialogue »Yves Gingras, Sciences et religions, Boréal, 2016 (rééd. Boréal compact, 2025).

Yves Gingras examine, dans la longue durée, les luttes pour l’autonomie de la recherche scientifique face aux institutions religieuses. L’historien des sciences analyse d’abord les limites théologiques de l’autonomie de la recherche scientifique au XVIIe siècle. Il retrace ensuite la longue histoire allant de la condamnation de Galilée pour hérésie en 1633 jusqu’à sa réhabilitation par Jean-Paul II après plus de trois cent cinquante ans de revendications en ce sens par les savants européens. L’auteur rappelle les nombreux ouvrages qui ont été mis à l’Index pour avoir fait la promotion de théories scientifiques incompatibles avec les dogmes religieux.

Enfin, il analyse les usages de l’expression « conflits entre science et religion » depuis le début du XIXe siècle, et le contexte d’émergence de la rhétorique du « dialogue entre science et religion » au cours des années 1980. Devant la montée de mouvements religieux et spirituels néoromantiques qui rejettent les acquis des recherches scientifiques les mieux établies, Yves Gingras en appelle à prendre le parti de la raison.

Extrait de l’introduction sur le site de l’éditeur

Liens de sang

Couverture de « Liens de sang »Bernard Chapais, Aux origines biologiques de la société humaine, Boréal, 2015.

Ce livre se veut un exercice d’intégration interdisciplinaire. Il s’agit d’une tentative de comparer, d’articuler et d’unifier la primatologie comportementale et l’anthropologie sociale sur la question des origines de la société humaine. Bernard Chapais y soutient qu’il existe une structure sociale spécifiquement humaine — pour les mêmes raisons qu’il existe une structure sociale de type chimpanzé, par exemple —, que cette structure est le reflet de la biologie humaine et qu’on peut, grâce à l’étude des primates, reconstituer les grandes étapes de son évolution biologique. Les différentes sociétés humaines, passées et présentes, constitueraient donc autant de versions culturelles distinctes de cette structure sociale unitaire ancrée dans la nature humaine.

Primatologue de formation, Bernard Chapais s’est tourné vers l’anthropologie avec une idée en tête : étudier les primates afin de mieux comprendre les origines évolutionnaires et les fondements biologiques des rapports sociaux humains. Il lui est alors apparu que la meilleure façon d’y parvenir était de s’immerger dans la discipline de l’autre afin de comprendre son point de vue de l’intérieur. C’est cette idée qui est à l’origine de ce livre.

La Bible immorale

Couverture de « La Bible immorale »Normand Rousseau, Louise Courteau éditrice, 2006.

La loi de Moïse impose la peine de mort aux homosexuels, aux adultères, aux incestueux, aux jeunes filles qui perdent leur virginité. Pourtant le Décalogue est clair : Tu ne tueras pas ! On pourrait toujours prétendre que la Bible n’est pas responsable de la conduite immorale de ses grands personnages, mais il est difficile de justifier leurs crimes, surtout qu’ils prétendent tous agir au nom de Yahvé, leur dieu.

Par exemple, ce livre nous apprend que Moïse et Élie sont de grands criminels ; que Jésus s’est fait transfigurer entre ces deux meurtriers ; que, sous la direction de Yahvé, le peuple hébreu a conquis la Terre promise par l’extermination des peuples cananéens, en massacrant « hommes, femmes, enfants et nourrissons », selon l’expression génocidaire de la Bible ; que Josué a arrêté le soleil pour faire durer le massacre ; que Pierre et Paul enseignaient que l’esclavage est la volonté de Dieu.

L’Église affirme que toute la Bible est la révélation de Dieu. Si on trouve une seule phrase immorale, la révélation divine n’existe donc pas, car il est impossible que le vrai Dieu révèle la moindre notion immorale. La Bible est même blasphématoire, puisqu’elle nous révèle un dieu qui se conduit comme les dieux païens de l’Antiquité, et parfois pire. L’auteur fait la preuve que le Nouveau Testament est tout aussi immoral que l’Ancien en nous révélant l’esclavage, la misogynie et l’intolérance religieuse.

Conférence de Normand Rousseau sur son livre, à l’Association humaniste du Québec

Mystère sans magie

Couverture de « Mystère sans magie »Cyrille Barrette, Science, doute et vérité : notre seul espoir pour l’avenir, éditions MultiMondes, 2006.

À l’époque où des gens croient encore qu’on peut juger de choses sérieuses avec des têtes qui croient au paranormal, l’auteur explique ce qu’est la science pour que tous puissent la reconnaître, l’apprécier, la critiquer et l’utiliser. Pour se faire un jugement éclairé sur les nombreux enjeux soulevés tous les jours dans les médias par les débats sur l’environnement, la santé, la reproduction ou l’énergie, il faut savoir ce qu’est la science.

L’auteur distingue d’abord scientisme et science, le premier étant une doctrine agressive qui fait de la science une sorte de religion, et il explique les limites de la seconde. Pour Barrette, le doute est à la base de la recherche de vérité en science, mais douter de tout ne mène nulle part. Il n’y a d’ailleurs pas de pire faute en science que de tenter de tromper, en falsifiant ses résultats, en faussant les interprétations ou en exagérant les conclusions. Et il conclut : on ne naît pas rationnel, on le devient à force de volonté, d’obstination, de lucidité et de vigilance !

Petit cours d’autodéfense intellectuelle

Couverture de « Petit cours d’autodéfense intellectuelle »Normand Baillargeon, Illustrations de Charb, Lux Éditeur, 2005.

Ce livre sera tout particulièrement utile aux sceptiques d’entre nous qui n’ont aucune formation scientifique. L’auteur, qui enseigne les fondements de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal, veut fournir à ses lecteurs quelques outils indispensables de pensée critique. L’ouvrage, écrit avec humour et de façon très accessible, pourra sûrement intéresser un très large public.

Dans le premier chapitre, Normand Baillargeon nous amène à nous méfier de certains pièges du langage, ceux que nous tendent délibérément les politiciens, groupes de pression et agences gouvernementales entre autres. L’auteur poursuit son exposé en présentant de nombreux autres pièges langagiers : les imprécisions volontaires des astrologues et autres charlatans, les messages d’exclusion ou de discrimination souvent distillés dans la langue politiquement correcte, l’art de l’ambiguïté.

Dans le chapitre 2, l’auteur nous invite à « compter pour ne pas s’en laisser conter » : à vérifier ces nombres frappants qu’on nous lance constamment, souvent pour la bonne cause. Dans les chapitres suivants, il traite de l’expérience personnelle, de la science empirique et expérimentale et des médias.

Livres d’Europe

Ils ne soignent rien mais parlent très bien

Couverture de « Ils ne soignent rien mais parlent très bien »Maxime Frech, Comment les pratiques pseudoscientifiques exploitent les failles normales de votre cerveau, autoédition, 2026.

Ils ne promettent pas de guérir. Ils promettent mieux : du sens, de l’écoute, des réponses. Autant de pratiques qui ne démontrent rien, mais qui expliquent tout. Ou plutôt : qui expliquent pourquoi ça marche, même quand ça ne marche pas. Astrologie, naturopathie, homéopathie, kinésiologie, magnétisme, réflexologie, lithothérapie, radiesthésie, coaching de vie… Ce livre ne s’attaque pas aux personnes. Il s’attaque à ce qui les convainc.

À travers une analyse précise, documentée et féroce, l’auteur démonte les ressorts invisibles de ces discours modernes : biais cognitifs, storytelling bien huilé, promesses floues, responsabilisation du client quand la méthode échoue — et succès automatique quand elle « fonctionne ». De l’effet Barnum en astrologie à la chute de Boiron après le déremboursement de l’homéopathie. De l’expérience de Munich où 500 sourciers n’ont pas fait mieux que le hasard, au cristal de quartz qui soigne aussi bien qu’un morceau de plastique. Chaque chapitre ouvre une pratique, identifie ses mécanismes psychologiques et pose la question que personne ne pose : où sont les preuves ?

Ici, pas besoin de crier à l’arnaque. Il suffit de poser une question simple : « Dans quel cas cela ne fonctionnerait-il pas ? » Étrangement, le silence arrive vite.

Article de l’auteur dans Le Québec sceptique no 120

À l’assaut du réel

Couverture de « À l’assaut du réel »Gérald Bronner, Presses universitaires de France, 2025.

Après les attaques contre la vérité ensevelie sous les fausses informations et la polarisation des opinions, nous vivons l’aube d’une nouvelle étape qui va mettre en péril le socle de notre vie commune ; elle tire son eau de la dérégulation généralisée du désir et entend redéfinir notre rapport à la réalité. Exprimant un invariant de l’espèce humaine sous une forme inédite et soudaine, cette dérégulation est exaltée par de nouveaux courants idéologiques et le développement de technologies telles que l’IA ou la réalité virtuelle.

Jusqu’où cela pourra-t-il nous conduire ? Pour y répondre, ce livre nous entraîne à la rencontre de mondes sociaux étonnants et de communautés extraordinaires, qui ont en commun de vouloir contourner, corrompre, hybrider ou encore ductiliser le réel. Les individus qui en font partie ne sont d’ailleurs pas aussi peu nombreux que leur excentricité pourrait le faire croire… Avec la rigueur et la clarté qui lui sont propres, Bronner interroge alors l’avenir : sommes-nous encore capables de préserver un socle commun de réalité ou condamnés à une ère où chacun forgera son propre monde ?

Au croisement de la sociologie, de l’économie et des sciences cognitives, cet essai puissant sur les enjeux du monde de la post-vérité vient clore le triptyque commencé avec La démocratie des crédules (Puf, 2013) et poursuivi avec Apocalypse cognitive (Puf, 2021).

Note de lecture de l’Association française pour l’information scientifique (Afis)

Apocalypse cognitive

Couverture de « Apocalypse cognitive »Gérald Bronner, Presses universitaires de France, 2021.

La situation est inédite. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons disposé d’autant d’informations et jamais nous n’avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l’humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar.

Le déferlement d’informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l’envoûtement des écrans et s’abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d’un pillage en règle, notre esprit est au cœur d’un enjeu dont dépend notre avenir.

Pourquoi croit-on ?

Couverture de « Pourquoi croit-on ? »Thierry Ripoll, Psychologie des croyances, Éditions Sciences Humaines, 2020.

On oublie souvent que l’humain se distingue des autres espèces animales par sa propension à croire en l’existence d’un monde surnaturel. C’est ainsi que derrière la banalité d’un réel immédiatement accessible, il y aurait un monde proprement spirituel doté de forces qui nous échappent et qui pourtant infléchissent puissamment nos vies… Nous sommes là dans l’univers de la croyance.

Dans ce livre, l’auteur s’attelle à la passionnante et troublante tâche d’identifier les processus psychologiques et cérébraux qui nous conduisent à croire une multitude de choses (simples superstitions, croyance en l’existence d’énergies non matérielles, pouvoir des rituels et des prières, capacités extrasensorielles, croyances religieuses, théories du complot…). Ces processus, pour la plupart inconscients, n’épargnent personne, pas même ceux qui affichent un scepticisme radical. À des degrés divers, les croyances trouvent toujours un espace pour se développer et conditionnent souvent à notre insu, nos vies, nos décisions, nos choix et notre rapport au monde.

S’il ne fait aucun doute que les croyances sont des réponses naturelles aux difficultés inhérentes à nos vies et qu’ainsi elles participent à notre équilibre psychique, elles n’en constituent pas moins de redoutables tremplins à des comportements potentiellement dangereux pour le croyant comme pour la société dans laquelle il vit. En comprendre l’origine est donc essentiel.

Conférence de l’auteur à la Bibliothèque nationale de France : « Pourquoi la croyance est quasi universelle ? »

Conférence de l’auteur aux Sceptiques du Québec sur le complotisme, avril 2022

Conférence de l’auteur aux Sceptiques du Québec : « Pourquoi détruit-on la planète ? », octobre 2022

Blueprint

Couverture de « Blueprint »Robert Plomin, How DNA Makes Us Who We Are, The MIT Press, 2018 (rééd. 2019).

Dans Blueprint, le généticien du comportement Robert Plomin décrit comment les découvertes révolutionnaires en génétique ont permis de prédire, à partir de notre propre ADN, nos forces et faiblesses psychologiques dès la naissance. Un siècle de recherches en génétique montre que les différences d’ADN héritées de nos parents sont les sources constantes, tout au long de la vie, de notre individualité psychologique — le schéma directeur qui fait de nous ce que nous sommes.

Plomin travaille sur ces questions depuis près de cinquante ans, menant des études longitudinales sur des jumeaux et des enfants adoptés. Il rapporte que la génétique explique davantage les différences psychologiques entre les personnes que tous les autres facteurs réunis. C’est la nature, et non l’environnement, qui fait de nous ce que nous sommes.

Plomin explore les implications de ce constat et tire quelques conclusions provocantes, notamment que les styles d’éducation n’ont pas vraiment d’incidence sur les résultats des enfants, une fois la génétique prise en compte. Il offre ainsi aux lecteurs un point de vue d’initié unique sur les synergies passionnantes nées de la combinaison de la génétique et de la psychologie.

Traduction française : L’Architecte invisible : comment l’ADN façonne notre personnalité, Presses de la Cité, 2023.

Compte rendu critique du livre dans Nature

Livres des États-Unis

The War on Science

Couverture de « The War on Science »Lawrence M. Krauss (dir.), Thirty-Nine Renowned Scientists and Scholars Speak Out About Current Threats to Free Speech, Open Inquiry, and the Scientific Process, Post Hill Press, 2025.

Un groupe d’universitaires renommés, œuvrant dans des disciplines extrêmement diverses, expose les efforts continus visant à imposer des restrictions idéologiques à la science et à la recherche dans l’ensemble du monde occidental.

Des attaques contre le recrutement fondé sur le mérite à la surveillance du langage, en passant par le remplacement de recherches disciplinaires solidement établies par des mantras idéologiques, la science et la recherche sont aujourd’hui mises à mal dans la plupart des institutions occidentales. Comme le montrent ces auteurs, venus de nombreux horizons académiques et politiques, c’est l’avenir même de la libre enquête et du progrès scientifique qui se trouve menacé. Nombre de ceux qui ont osé dénoncer cette dérive ont perdu leur poste, et un climat de peur s’est installé au cœur de l’enseignement et de la recherche modernes.

Les thèmes abordés incluent : la liberté d’expression, la victimisation, l’idéologie, la corruption des disciplines universitaires, la culture de l’annulation, l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI), les questions de genre et de race, ainsi que les moyens d’agir.

Avec des contributions de Dorian Abbot, John Armstrong, Peter Boghossian, Maarten Boudry, Alex Byrne, Nicholas Christakis, Roger Cohen, Jerry Coyne, Richard Dawkins, Niall Ferguson, Janice Fiamengo, Solveig Gold, Moti Gorin, Karleen Gribble, Carole Hooven, Geoff Horsman, Joshua Katz, Sergiu Klainerman, Lawrence M. Krauss, Anna Krylov, Luana Maroja, Christian Ott, Bruce Pardy, Jordan Peterson, Steven Pinker, Richard Redding, Arthur Rousseau, Gad Saad, Sally Satel, Lauren Schwartz, Alan Sokal, Alessandro Strumia, Judith Suissa, Alice Sullivan, Jay Tanzman, Abigail Thompson, Amy Wax, Elizabeth Weiss et Frances Widdowson.

Social Justice Fallacies

Couverture de « Social Justice Fallacies »Thomas Sowell, Basic Books, 2023.

La quête de la justice sociale est une puissante croisade de notre époque, qui séduit de nombreuses personnes différentes, pour des raisons très diverses. Mais ceux qui utilisent les mêmes mots ne leur donnent pas toujours la même signification. Clarifier ces définitions est le premier pas vers la découverte de ce sur quoi nous sommes d’accord et de ce sur quoi nous sommes en désaccord. À partir de là, il s’agit essentiellement de connaître les faits. Les sophismes associés au mouvement de la justice sociale révèlent que de nombreuses choses que l’on croit vraies ne résistent tout simplement pas à l’analyse des faits documentés.

Aussi attrayante que soit la vision de la justice sociale, la question cruciale est de savoir si le programme de justice sociale nous permettra de réaliser cette vision. L’histoire montre que ce programme a souvent mené dans la direction opposée, parfois avec des conséquences catastrophiques.

Il ne s’agit pas seulement d’erreurs. Tous les êtres humains sont faillibles et les défenseurs de la justice sociale ne commettent pas nécessairement plus d’erreurs que les autres. Mais les croisés qui ont une certitude absolue quant à leur mission ne se laissent souvent pas dissuader par les obstacles, les preuves ou même les dangers mortels. C’est la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui une grande partie du monde occidental. La question est de savoir si nous continuerons sans réfléchir, au-delà du point de non-retour.

Traduction française : Illusions de la justice sociale, Éditions Carmin, 2025

Rationalité

Couverture de « Rationalité »Steven Pinker, Ce qu’est la pensée rationnelle et pourquoi nous en avons plus que jamais besoin, Les Arènes, février 2022.

Dans le domaine scientifique, l’humanité ne cesse de progresser. Mais partout ailleurs, elle semble perdre la tête. Comment une espèce capable d’explorer Mars et de développer des vaccins en moins d’un an peut-elle produire autant de fausses nouvelles et de théories du complot, qui prolifèrent même dans les milieux les plus éduqués ? L’humain est-il un animal irrationnel et incorrigible, victime d’illusions et d’erreurs de raisonnement ?

Steven Pinker prend le contre-pied des idées reçues. Non, les humains ne sont pas dominés par leurs instincts. Depuis les chasseurs-cueilleurs, nous sommes dotés d’un cerveau capable de résoudre des problèmes complexes. Au cours des millénaires, l’espèce humaine a ainsi mis au point des outils de raisonnement d’une extraordinaire efficacité. Le problème, c’est que personne, ni aucune école, ne nous apprend à raisonner. Et qu’il ne suffit pas d’être intelligent pour être rationnel !

Le triomphe des Lumières

Couverture de « Le triomphe des Lumières »Steven Pinker, Pourquoi il faut défendre la raison, la science et l’humanisme, Les Arènes, 2019.

Pour beaucoup, le monde est au bord du gouffre, menacé par le terrorisme, les guerres, les migrations et les apocalypses. Pourtant, jamais l’humanité n’a vécu une période aussi paisible et heureuse : chiffres à l’appui, ce livre montre que la santé, la prospérité, la sécurité et la paix sont en hausse dans le monde entier. Ce progrès est un legs du siècle des Lumières, animé par des idéaux puissants : la raison, la science et l’humanisme.

Cependant, plus que jamais, ces valeurs ont besoin d’une défense vigoureuse. Car le projet des Lumières va à contre-courant de la nature humaine, de ses tendances au tribalisme, à l’autoritarisme et à la pensée magique : autant de biais qui nourrissent les populismes et les dérives religieuses. Avec rigueur, profondeur et, souvent, humour, Steven Pinker propose ici un plaidoyer pour la raison, la science et l’humanisme.

Le singe en nous

Couverture de « Le singe en nous »Frans de Waal, Fayard, 2006 (rééd. Pluriel, 2011).

Et si la psychologie humaine s’inscrivait dans le prolongement de celle des animaux, qu’il s’agisse de la violence, de l’empathie, ou même de la morale ? C’est la thèse que défend l’auteur : il s’oppose aux théories de l’exception humaine, qu’elles fassent de l’homme une espèce destinée à dépasser une animalité mauvaise ou qu’elles le présentent comme une aberration de la nature.

En s’appuyant sur nombre d’anecdotes fascinantes, mais aussi sur des recherches approfondies, l’auteur brosse un portrait du « singe bipolaire » qu’est l’homme. Il utilise aussi le formidable laboratoire que constituent les sociétés de chimpanzés et de bonobos pour aborder les problèmes de la vie en commun chez les êtres humains. Ce livre tend à l’humanité un miroir qui lui permettra peut-être de mieux gérer ses propres instincts.

Conférence TED de l’auteur sur le comportement moral des animaux (sous-titres français)

Bandes dessinées

Comment les riches ravagent la planète

Couverture de « Comment les riches ravagent la planète »Hervé Kempf et Juan Mendez, Et comment les en empêcher, Seuil, 2024.

En dix-sept ans, les riches n’ont rien appris, rien compris, rien changé. Ils se gavent. Les milliardaires ont multiplié leur fortune, la catastrophe écologique s’amplifie, la crise sociale est mondiale. Le lien entre ces phénomènes ? Les inégalités. On n’évitera pas le désastre climatique si l’on ne ramène pas les ultra-riches à la raison. C’est ce qu’explique ce livre détonnant, où une analyse implacable se combine à un dessin complice et surprenant.

Inspirée de Comment les riches détruisent la planète, best-seller paru en 2007 et traduit en douze langues qui a largement contribué à montrer l’articulation intime entre crise écologique et crise sociale, cette bande dessinée s’imposait pour en actualiser les données et le constat. Elle raconte comment, en bientôt vingt ans, l’oligarchie a augmenté sa passion destructrice et endossé les nouveaux habits du capitalisme. Dans ce livre, on rit, on pleure, on apprend, on mobilise : c’est un outil pour changer le monde. Il y a urgence.

« L’urgence climatique et le 1 % », Lylou Nicastro, La Presse, 25 janvier 2025

Présentée dans Le Québec sceptique no 117

Mediator, un crime chimiquement pur

Couverture de « Mediator, un crime chimiquement pur »Éric Giacometti, Irène Frachon et François Duprat, Delcourt, 2023.

Comment un médicament potentiellement mortel a-t-il pu être diffusé pendant trente ans sans alerter les autorités sanitaires ? La lanceuse d’alerte, Irène Frachon, nous décrit son combat contre les laboratoires Servier…

En 2007, au CHU de Brest, de nombreux cas d’atteintes cardiaques inexpliquées attirent l’attention de la pneumologue Irène Frachon. Ses recherches mettent en cause le Mediator, coupe-faim des laboratoires Servier, dont le principe actif avait conduit au retrait de l’Isoméride en 1997. Celui du Mediator sera effectif en 2009. Depuis, elle poursuit son combat pour l’indemnisation des milliers de victimes…

Les quinze premières pages, sur BDGest

L’affaire du Mediator, sur Wikipédia

Présentée dans Le Québec sceptique no 112

Le club des anxieux qui se soignent

Couverture de « Le club des anxieux qui se soignent »Frédéric Fanget, Catherine Meyer et Pauline Aubry, Comment combattre l’anxiété, Les Arènes, 2023.

Les mécanismes, les causes, les thérapies et tout ce qui peut vous aider à comprendre et à surmonter l’anxiété.

L’anxiété génère des scénarios catastrophes à répétition. « Ça va mal se passer », « On ne va pas y arriver », « Je dois tout contrôler », « Je vais mourir »… C’est épuisant (pour soi et pour l’entourage), inutile, parfois franchement ingérable. La bonne nouvelle, c’est que ça se soigne. Il n’y a pas de fatalité : vous pouvez changer et « décatastropher » votre mental.

Cette BD vous permet de dédramatiser et de comprendre en quoi consiste la thérapie de l’anxiété. Trois angoissés attachants et parfois drôles racontent le film de leur anxiété. Puis, on les suit en thérapie, dans le cabinet du docteur Fanget, où on découvre les outils comportementaux, cognitifs et émotionnels qui leur permettent de se libérer de la tyrannie de la pensée anxieuse.

Note de lecture de Jacques Van Rillaer pour l’Association française pour l’information scientifique (Afis)

Présentée dans Le Québec sceptique no 112

Testosterror

Couverture de « Testosterror »Luz, Albin Michel, 2023.

Un virus fait chuter le taux de testostérone des hommes… et se répand sur la planète ! Jean-Patrick, concessionnaire automobile dans la zone d’activité commerciale de Saint-Pierre-Le-Caillou, panique et tente de se réfugier au sein de la secte masculiniste dirigée par Jo, son coach sportif. Contaminé par le virus, Jean-Pat voit sa vision du monde changer… Mais alors qu’il se détache du mouvement viriliste, son fils s’y engouffre.

Notre héros parviendra-t-il à sauver son enfant des griffes d’un gourou macho ? Privée de testostérone, l’humanité sombrera-t-elle dans le chaos ? Quel secret la part de féminité de Jean-Pat renferme-t-elle ? Et si la vérité résidait dans les yeux de Champion, son irrésistible chien priapique ?

Note de la rédaction — L’auteur de cette BD nous offre une parodie des théories conspirationnistes, du masculinisme et des préjugés sociaux liés au sexe. Dans un monde dominé par les femmes, parce que les hommes sont malades, ces derniers se révoltent et le masculinisme devient populaire ; il emprunte même certaines revendications au féminisme. Les hommes se disent brimés dans leur virilité et vont même jusqu’à se considérer comme une minorité en voie de disparition devant le matriarcat et le grand remplacement par les femmes… Les pharmacies sont dévalisées par les hommes qui veulent de la testostérone ! Il y a même un défilé de la testo pride ! « Liberté, égalité, virilité », « Man lives matter », « Non à la dictature hormonale », « Man power » et « On naît homme et on le devient ! » sont des slogans utilisés par les masculinistes ! C’est d’un humour tordant !

« Testosterror ou l’androscepticisme de Luz », Chantal Guy, La Presse, 29 novembre 2023

Entrevue avec l’auteur sur BLAST : « Testosterror, ou comment être un homme à l’heure du féminisme »

Présentée dans Le Québec sceptique no 114

Le monde sans fin

Couverture de « Le monde sans fin »Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici, Dargaud, 2021.

La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l’impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d’humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient.

Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l’énergie et du changement climatique au cœur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ?), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s’avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre En cuisine avec Alain Passard et de Quai d’Orsay signé avec l’expertise d’un coauteur : un pavé de 120 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !

Le livre le plus vendu en France en 2022, selon Wikipédia

Présentée dans Le Québec sceptique no 116

J’ai vu les soucoupes

Couverture de « J’ai vu les soucoupes »Sandrine Kérion, La Boîte à Bulles, 2021.

Qui peut bien se laisser aller à croire aux extraterrestres ? Ou pire, à penser en avoir déjà aperçu ! Eh bien, Sandrine Kérion, elle, y a cru. Tout a commencé le jour où elle s’est imaginé avoir vu des soucoupes volantes. C’était dans les années 90, elle était une adolescente nerd un peu paumée, grandissant dans une famille déchirée, un terreau particulièrement fertile pour que la jeune fille sombre dans ces croyances et illusions.

Persuadée d’être une « contactée », une élue chargée par les extraterrestres d’une mission envers l’Humanité, elle sombre peu à peu dans les théories du complot et autres thèses révisionnistes. D’après l’auteure — qui a pris énormément de recul et s’est beaucoup documentée sur le sujet —, pour en venir à croire à tout et n’importe quoi, il suffit… d’en avoir besoin.

J’ai vu les soucoupes est le récit d’une plongée dans la folie douce et l’évocation du contexte tant familial que sociétal qui y a contribué. Mais c’est aussi celui d’une reconstruction et d’un lent retour à la réalité, sur laquelle l’auteure porte forcément un regard un peu décalé !

« Complotisme, ésotérisme… comment tombe-t-on dans la chasse délirante aux ovnis ? », entrevue avec l’auteure, Ouest-France

Le livre chez l’éditeur

Présentée dans Le Québec sceptique no 107

Roman

Le cycle des robots

Couverture de « Le cycle des robots »Isaac Asimov, Tome 1 — Les robots, 1967. Titre original : I, Robot, 1950.

Avec l’importance que prend aujourd’hui l’intelligence artificielle, il est bon de se souvenir de cette série culte d’Isaac Asimov sur les robots, qui établit les Lois de la robotique et invente la psychologie des robots, la « robopsychologie ». Avec les agents conversationnels, les études « psychologiques » de l’IA reviennent à la mode ! Asimov aurait-il été un prophète, le Jules Verne du XXe siècle ?

  • Première Loi : un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.
  • Deuxième Loi : un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la Première Loi.
  • Troisième Loi : un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

Les Robots, sur Wikipédia

Présenté dans Le Québec sceptique no 111

Revues sceptiques

Les revues sœurs du Québec sceptique, publiées par les associations sceptiques d’autres pays, et quelques médias qui font une large place à l’analyse et à la recherche.

Science et pseudo-sciences

Association française pour l’information scientifique (Afis), France.

La revue de l’Afis, association fondée en 1968 par Michel Rouzé. Elle défend la démarche scientifique et combat les pseudosciences, les dérives sectaires et la désinformation, sur des sujets qui vont de la santé à l’environnement en passant par l’agriculture et le paranormal. Plusieurs articles et notes de lecture sont en libre accès sur le site de l’association.

afis.org

Skeptical Inquirer

Committee for Skeptical Inquiry (CSI) et Center for Inquiry (CFI), États-Unis, en anglais.

Le magazine bimestriel du Committee for Skeptical Inquiry, publié depuis 1976, aujourd’hui rattaché au Center for Inquiry. C’est la plus ancienne des grandes revues sceptiques : enquêtes sur le paranormal, les pseudosciences et les médecines douteuses, par des scientifiques, des journalistes et des enquêteurs.

skepticalinquirer.org

Skeptic

The Skeptics Society, États-Unis, en anglais.

Le magazine trimestriel fondé en 1992 par Michael Shermer, qui le dirige toujours. Il examine les affirmations extraordinaires, les pseudosciences et les croyances irrationnelles, et publie des dossiers de fond sur la science, l’histoire et la psychologie de la croyance.

skeptic.com

The Skeptic

Royaume-Uni, en anglais.

Fondé en 1987 par Wendy M. Grossman, c’est le plus ancien magazine sceptique britannique. Aujourd’hui publié en ligne, il traite de science, de scepticisme, de laïcité, de pensée critique et des allégations du paranormal, et porte un regard critique sur les médecines alternatives.

skeptic.org.uk

The Skeptic, sur Wikipédia (en anglais)

The Conversation

Édition canadienne, en anglais et en français.

Un média en ligne indépendant et sans but lucratif, né en Australie, dont les articles sont écrits par des universitaires et des chercheurs et édités par des journalistes. On y lit l’actualité expliquée par ceux qui l’étudient, sous licence libre.

theconversation.com/ca

theconversation.com/ca-fr, l’édition en français

The Conversation, sur Wikipédia

The Atlantic

États-Unis, en anglais.

Magazine culturel et politique fondé à Boston en 1857. Ses grands reportages et ses essais sur la science, la santé, la technologie et la vie publique en font une lecture de fond, loin du fil de l’actualité.

theatlantic.com

L’actualité

Québec.

Magazine québécois d’information fondé en 1976. Il publie des reportages, des analyses et des commentaires sur des sujets québécois et internationaux, dont la science et la santé.

lactualite.com

Vulgarisation scientifique

Québec Science

Québec.

Le magazine québécois d’actualité scientifique et de vulgarisation, fondé en 1962. Il paraît huit fois par an, en version imprimée et numérique.

quebecscience.qc.ca

Sciences et Avenir

France.

Mensuel français de vulgarisation scientifique créé en 1947, le plus diffusé des magazines scientifiques en France.

sciencesetavenir.fr

Science & Vie

France.

Mensuel français de vulgarisation scientifique fondé à Paris en 1913, l’un des plus anciens du genre.

science-et-vie.com