Effet de victime identifiable
L'effet de victime identifiable est la tendance à aider plus volontiers une personne précise, dont on connaît le nom ou le visage, qu'un groupe anonyme ayant les mêmes besoins.
L'effet de victime identifiable est la tendance à aider plus volontiers une personne précise, dont on connaît le nom ou le visage, qu'un groupe anonyme ayant les mêmes besoins.
L'idée est généralement attribuée à l'économiste américain Thomas Schelling : le sort d'une personne en particulier éveille l'anxiété, la culpabilité et le sens des responsabilités, alors que ces réactions s'effacent devant des « morts statistiques ». En 1997, Jenni et Loewenstein en ont proposé quatre explications, dont le caractère « vivant » de la victime : une photo, un prénom ou une histoire familiale créent une proximité qu'aucun chiffre ne suscite.
Aux États-Unis, après la mort de Ryan White, un adolescent infecté par le VIH, le Congrès a adopté une loi portant son nom, qui a financé le plus vaste ensemble de services pour les personnes vivant avec le sida. La phrase souvent attribuée à Staline résume l'effet : « Une seule mort est une tragédie ; un million de morts est une statistique. » L'effet vaut aussi pour la punition, infligée plus volontiers à un coupable identifié. Voir aussi l'estompement de la compassion.