Négligence de durée
La négligence de durée est le fait que, quand on juge après coup une expérience, pénible ou agréable, sa durée compte très peu.
La négligence de durée est le fait que, quand on juge après coup une expérience, pénible ou agréable, sa durée compte très peu.
Barbara Fredrickson et Daniel Kahneman l'ont décrite en 1993. La mémoire ne rejoue pas chaque instant : elle garde quelques « instantanés », surtout le moment le plus intense et la fin ; c'est la règle pic-fin. Une douleur qui s'atténue graduellement à la fin laisse donc un moins mauvais souvenir, même si elle dure plus longtemps.
L'exemple le plus frappant vient de la médecine. En 2003, Redelmeier, Katz et Kahneman ont réparti au hasard 682 patients qui passaient une coloscopie. Pour la moitié, l'instrument restait immobile un peu plus longtemps à la fin, ce qui prolongeait un inconfort léger. Ces patients avaient subi plus d'inconfort au total, mais ils ont jugé l'examen moins désagréable et sont revenus plus volontiers pour un examen de suivi. L'effet a ses limites : il s'estompe pour les expériences familières, comme le trajet quotidien, et quand on dispose d'un point de comparaison pour évaluer la durée.