Aller au contenu
Les Sceptiques du Québec
Recherche Contact
Devenir membre
Quackwatch en français

Ne faites pas confiance aux conseils des détaillants de suppléments alimentaires !

Les conseils des détaillants sont un facteur important dans la vente de produits à base de plantes et de suppléments alimentaires.

Dr Stephen Barrett

Les conseils des détaillants sont un facteur important dans la vente de produits à base de plantes et de suppléments alimentaires. Les profanes (comme les employés de magasins d'aliments naturels) qui diagnostiquent des maladies ou prescrivent des produits vendus dans leur magasin pratiquent la médecine sans permis — ce qui est interdit par les lois des États américains. « Prescrire » peut aussi être considéré comme une pratique illégale de la pharmacie.

De nombreuses enquêtes ont montré que les détaillants ignorent couramment ces lois. Les efforts de répression des autorités, déjà limités, visent surtout les fabricants. Voici quelques-uns des rapports que j'ai recueillis.

En 1976, Eric Faucher, journaliste au National Enquirer, a visité 16 magasins d'aliments naturels dans de grandes villes américaines et s'est plaint de fièvre en après-midi, de perte de poids, d'insomnie et de fatigue — des symptômes qui pourraient indiquer une maladie grave comme le cancer. Un seul vendeur lui a conseillé de consulter un médecin. Les autres ont prescrit divers suppléments pour des diagnostics tels que « hypertension artérielle », « déséquilibre énergétique » et « hypoglycémie ». « Une vendeuse était dépassée par mes symptômes, a rapporté Faucher, alors elle a appelé sa mère (la propriétaire du magasin), qui a prescrit de la vitamine E sans jamais m'avoir vu ! » [1]

En 1980, Dr Sheldon S. Stoffer et trois collègues du Northland Thyroid Laboratory de Southfield, au Michigan, ont décrit ce qui s'est produit lorsque plusieurs de leurs employés ont consulté un responsable ou un « nutritionniste » dans dix magasins d'aliments naturels. Les enquêteurs ont affirmé que leur goitre était traité par hormone thyroïdienne et ont demandé si des produits du magasin pourraient les aider. Les dix détaillants ont répondu oui. Deux ont conseillé d'arrêter le traitement hormonal, six ont conseillé de prendre du varech, deux ont conseillé de prendre des comprimés d'iode, deux ont conseillé d'utiliser une préparation glandulaire crue contenant des extraits de thyroïde, de parathyroïde, d'hypophyse et de surrénale, et un a conseillé de prendre une préparation de thyroïde crue. (Les produits de magasins d'aliments naturels faits de tissus glandulaires animaux n'ont légalement pas le droit de contenir des quantités importantes d'hormones. Certains en contiennent tout de même, mais ils ne sont pas fiables, car le dosage varie.) Parmi les autres faux remèdes figuraient des fanes de navet, des panais, du persil, des comprimés de malt, et des suppléments de vitamines et de minéraux [2].

En 1981, Julian DeVries, rédacteur médical de 76 ans à l'Arizona Star, a visité un magasin d'aliments naturels en se plaignant de perte de poids, de perte d'appétit, d'insomnie, de crampes aux jambes la nuit et de psoriasis (un trouble cutané). « Deux jeunes commis m'ont vendu un assortiment de vitamines pour 124,34 $ US qui, selon un médecin, auraient facilement pu aggraver les problèmes dont je leur avais parlé », a rapporté DeVries. Plutôt que d'être dirigé vers un médecin pour faire diagnostiquer ses symptômes possiblement graves, on lui a vendu des mégadoses de plusieurs vitamines, un produit contenant du ginseng et une substance surrénalienne, des comprimés d'enzymes digestives, un composé de fer et de mélasse, des comprimés de tryptophane, une crème pour la peau contenant de la vitamine E et du PABA, ainsi qu'un livre qui proposait un remède nutritionnel pour à peu près tous les maux connus de l'être humain. Les commis ont affirmé que leurs recommandations faisaient autorité parce qu'ils avaient suivi un cours de trois semaines sur la nutrition vitaminique dans lequel ce livre était utilisé [3].

En 1983, des chercheurs du Columbus Monthly ont contacté neuf magasins d'aliments naturels du centre de l'Ohio, par téléphone ou en personne, en se faisant passer pour des femmes souffrant d'un trouble oculaire non diagnostiqué, une future mère cherchant des renseignements nutritionnels pour sa grossesse, une victime récente d'une crise cardiaque, et un aspirant haltérophile voulant développer sa musculature. Ils ont conclu que, même si les commis semblaient sincères, leurs conseils équivalaient « à jouer à pile ou face ». [4]

En 1983, trois enquêteurs de l'American Council on Science and Health ont mené 105 démarches par téléphone ou en personne dans des magasins de New York, du New Jersey et du Connecticut. Interrogés sur des symptômes oculaires caractéristiques du glaucome, 12 détaillants ont tenté de diagnostiquer le problème (tous incorrectement) et dix-sept sur 24 ont suggéré un large éventail de produits pour la « mère » de l'enquêteur. Aucun n'a reconnu qu'une consultation médicale urgente s'imposait. Interrogés par téléphone sur une perte de poids soudaine et inexpliquée de 15 livres en un mois, 9 détaillants sur 17 ont recommandé des produits vendus dans leur magasin; sept seulement ont suggéré une évaluation médicale. Sept magasins sur dix vendaient des « bloqueurs d'amidon » (de faux comprimés amaigrissants) malgré l'interdiction de la Food and Drug Administration (FDA), l'agence fédérale américaine qui encadre les médicaments. Neuf sur dix ont recommandé de la farine d'os et de la dolomite, des produits jugés dangereux en raison de leur contamination au plomb. Neuf détaillants ont fait de fausses déclarations sur l'efficacité du pollen d'abeille, et dix ont fait de même pour l'ARN. Les enquêteurs ont conclu que la plupart des commis de magasins d'aliments naturels donnent des conseils irrationnels, dangereux et illégaux [5].

En 1986, Claire Aigner, R.D., a posé cinq questions semblables à dix propriétaires de magasins d'aliments naturels de l'est de la Pennsylvanie et a conclu que seulement 46 % des réponses étaient exactes [6].

En 1987, Vera L. Fritz, R.D., M.P.H., et Claudia Morain ont visité neuf magasins d'aliments naturels à San Jose, en Californie, et dans les environs, où elles ont demandé a) si la farine d'os était un supplément de calcium approprié pour les adolescents, b) que faire en cas de pression artérielle systolique supérieure à 200, et c) que faire en cas de vision d'éclairs de lumière et de halos autour des lumières la nuit. Moins de la moitié des réponses reçues étaient exactes [7].

En 1989, des bénévoles du Consumer Health Education Council ont téléphoné à 41 magasins d'aliments naturels de la région de Houston et ont demandé à parler à la personne qui donnait des conseils nutritionnels. Les appelants ont expliqué qu'ils avaient un frère atteint du sida qui cherchait un traitement alternatif efficace contre le VIH. Ils ont aussi expliqué que l'épouse du frère continuait d'avoir des relations sexuelles avec son mari et cherchait des produits qui réduiraient son risque d'être infectée, voire l'élimineraient. Les 41 détaillants ont tous proposé des produits dont ils disaient qu'ils pourraient être bénéfiques pour le système immunitaire du frère, améliorer l'immunité de la femme et la protéger contre les effets du VIH. Les produits recommandés comprenaient des vitamines (41 magasins), de la vitamine C (38 magasins), des « stimulants immunitaires » (38 magasins), la coenzyme Q10 (26 magasins), le germanium (26 magasins), la lécithine (19 magasins), l'ornithine et/ou l'arginine (9 magasins), l'acide gamma-linolénique (7 magasins), des « glandulaires crus » (7 magasins), le peroxyde d'hydrogène (5 magasins), des sels cellulaires homéopathiques (5 magasins), des remèdes floraux de Bach (4 magasins), des algues bleu-vert (4 magasins), la cystéine (3 magasins), et des bains d'herbes (2 magasins). Trente détaillants ont affirmé avoir des produits qui guériraient le sida. Pas un seul n'a recommandé l'abstinence ou l'usage d'un condom [8].

En 1991, Julia M. Haidet, étudiante à la Kent State University, a fait 30 appels téléphoniques à dix magasins du centre de l'Ohio pour obtenir des conseils sur les maux de tête, les calculs rénaux, ou la soif anormale, les étourdissements et la fatigue. Elle n'a reçu aucun conseil approprié [9].

En 1993, munie d'une caméra cachée, l'émission « Inside Edition » a visité quatre magasins d'aliments naturels de New York pour demander s'ils avaient quelque chose contre la fatigue et les maux de tête; la vision brouillée; l'arthrite; l'essoufflement d'une « grand-mère qui venait de subir un pontage »; pour renforcer le système immunitaire; améliorer la mémoire; et/ou « purifier le sang ». Des produits ont été recommandés en réponse à chacune de ces questions. Interrogé sur un produit qui pourrait aider les personnes atteintes du sida, un gérant de magasin GNC a recommandé un produit à base d'acides aminés qu'il disait être l'un des meilleurs vendeurs du magasin. Il a aussi affirmé que ce produit était censé « aider à bloquer la substance chimique qui inhibe la croissance du virus » et qu'il n'avait pas les effets secondaires toxiques de l'AZT. Confronté plus tard à ces propos, il a toutefois nié avoir recommandé ce produit pour le sida.

En 1993, l'émission « CBS Evening News » a montré a) un commis de GNC recommandant un produit vitaminique pour prévenir la perte de cheveux, b) un commis de Nature Food Centres vantant un produit à base d'huile de poisson comme remède contre l'arthrite, et c) un autre détaillant recommandant « des capsules de vitamine E, de vitamine C, de vitamine A et d'huile de requin, tout ça aide » contre le cancer. Le reportage indiquait que CBS News avait envoyé cinquante produits de vitamines et de minéraux à des laboratoires indépendants pour vérifier s'ils contenaient les quantités indiquées sur leurs étiquettes. Beaucoup se sont révélés en contenir trop peu ou trop. Michael Jacobson, Ph.D., directeur général du Center for Science in the Public Interest, a fait remarquer qu'entrer dans un magasin d'aliments naturels « c'est comme être la victime de cent vendeurs d'huile de serpent différents ». [10]

En 1993, des agents de la FDA ont visité des magasins locaux d'aliments naturels à travers les États-Unis en se faisant passer pour des clients potentiels. Les enquêteurs ont demandé : « Que vendez-vous pour aider contre l'hypertension? », « Avez-vous quelque chose pour aider à combattre une infection ou aider mon système immunitaire? » et/ou « Avez-vous quelque chose qui fonctionne contre le cancer? » Sur 129 demandes de renseignements, 120 se sont soldées par la recommandation de suppléments alimentaires précis [11].

En 1994, Jennifer E. Pumphrey, étudiante à la Kent State University, s'est informée sur les produits contenant de l'éphédra dans 10 magasins d'aliments naturels choisis au hasard dans la région métropolitaine de Cleveland. Dans chaque magasin, elle a trouvé un « stimulant d'énergie » contenant de l'éphédra et a demandé : « Pensez-vous que ça fonctionne? » et « Est-ce sans danger? Y a-t-il des effets secondaires? » Dans deux magasins, on lui a dit à juste titre que les produits étaient puissants et ne devraient pas être pris par des personnes souffrant d'hypertension. Dans les autres, on lui a dit que le produit n'avait aucun effet secondaire. Certains ont affirmé qu'il était sans danger parce qu'il était à base de plantes, naturel, ou « pas un médicament ». L'éphédra contient un stimulant potentiellement dangereux pour les personnes souffrant d'hypertension [12].

Entre 1985 et 1997, feu le Dr John Renner, membre du conseil d'administration du National Council Against Health Fraud, a demandé conseil pour des problèmes de santé dans plus d'une centaine de magasins d'aliments naturels répartis dans 20 États et le district de Columbia. Dans tous les magasins sauf deux, on lui a conseillé d'acheter des produits. Renner a aussi observé des centaines de clients faisant des achats dans ces magasins. Plus de la moitié demandaient conseil pour un problème de santé, et presque toutes les questions ont donné lieu à des conseils inappropriés.

En 1998, une chercheuse se faisant passer pour la fille d'une patiente atteinte d'un cancer du sein métastatique s'est renseignée dans 40 magasins d'aliments naturels d'Oahu, à Hawaï. Après que des produits censés aider dans le traitement du cancer du sein métastatique eurent été mentionnés ou montrés, si le personnel du magasin ne fournissait pas d'autres renseignements, la chercheuse demandait : a) Comment le produit agit-il? b) Recommandez-vous une marque en particulier (si plus d'une marque est offerte)? c) Puis-je noter quelques prix? d) Quelle quantité du produit ma mère doit-elle prendre par jour? e) Le ou les produits peuvent-ils être pris en même temps que le médicament que ma mère reçoit de son médecin? et f) Y a-t-il autre chose que vous pouvez recommander? Le personnel de 36 des magasins a recommandé un ou plusieurs des 38 produits jugés inappropriés, les plus fréquents étant le cartilage de requin (recommandé par 17 magasins), l'essiac (recommandé par 8 magasins) et les champignons maitake (recommandés par 7 magasins). [13]

En 1999, une chercheuse a demandé à des employés de 12 magasins du Mississippi, du Tennessee et de l'Alabama ce qu'ils recommandaient contre la dépression. Les 12 ont recommandé des produits à base de millepertuis, et aucun n'a demandé si la cliente consultait un professionnel de la santé. L'analyse des produits a révélé que deux d'entre eux ne contenaient presque aucun de l'ingrédient actif présumé et que les doses recommandées des autres produits correspondaient à des apports très variables [14].

En 2004, une chercheuse se faisant passer pour une femme enceinte de 8 semaines a fait 155 appels dans la région de Phoenix pour demander aux détaillants des recommandations pour traiter les nausées/vomissements et les migraines. Elle a constaté que 89 % des magasins offraient des recommandations pour les nausées/vomissements et que 82 % en fournissaient pour les migraines. Le gingembre était le produit le plus recommandé contre les nausées/vomissements. Seulement 3,6 % des répondants ont recommandé un usage correct, mais sans fournir la bonne posologie ni la bonne durée. Au total, 15 recommandations sur 278 (5 %) portaient sur des produits contre-indiqués pendant la grossesse [15].

Des constats semblables ont été rapportés par des enquêteurs en Angleterre [16], en Nouvelle-Zélande [17] et au Canada [18-21]. Dans l'une des études canadiennes, huit étudiants ont dit à des détaillants de 34 magasins que leur mère souffrait d'un cancer du sein. Le coût moyen des produits recommandés était de 58 $ CA par mois. Les recommandations portaient sur 33 produits différents, dont aucun n'était appuyé par des preuves d'efficacité. Seulement 11 employés (32 %) ont demandé si la patiente prenait des médicaments prescrits; trois (9 %) ont abordé les effets indésirables des produits, et huit (24 %) ont signalé que les produits pourraient interagir avec des médicaments prescrits. Deux employés ont laissé entendre que les produits pourraient guérir le cancer, et un a conseillé d'arrêter le traitement standard au tamoxifène parce qu'il était « toxique ». [19] Dans une autre étude canadienne, des enquêteurs ont constaté que 22 magasins sur 34 recommandaient le kava malgré le fait que Santé Canada avait mis en garde contre son usage [21].

Des études menées au Canada et en Nouvelle-Zélande ont révélé que les détaillants d'aliments naturels étaient beaucoup plus susceptibles que les pharmaciens de donner des conseils inappropriés. Au Canada, les 20 détaillants d'aliments naturels interrogés, contre seulement 4 pharmacies sur 38, ont recommandé des suppléments alimentaires ou des plantes pour traiter l'hypertension, et 14 des détaillants d'aliments naturels ont affirmé que leurs produits étaient supérieurs ou équivalents aux médicaments [22]. Dans une autre étude, des étudiants de premier cycle ont visité 192 magasins d'aliments naturels et 56 pharmacies situés partout au Canada. Dans environ la moitié des magasins, ils ont demandé si un supplément précis aiderait à prévenir un problème particulier ou à améliorer la santé d'une façon particulière. Dans les autres magasins, ils ont demandé conseil pour des problèmes de santé précis. Ils ont constaté que, dans 88 % des cas où des questions étaient posées dans les magasins d'aliments naturels, les recommandations étaient soit non scientifiques (6 %), soit mal étayées par la littérature scientifique (82 %). Ce n'était le cas que pour 27 % des visites en pharmacie. La proportion de visites ayant donné lieu à des conseils jugés exacts ou assez exacts était de 68 % pour les pharmacies et de 7 % pour les magasins d'aliments naturels [23]. En Nouvelle-Zélande, 25 détaillants d'aliments naturels sur 26 ont recommandé des produits sans diriger les chercheurs vers un médecin, alors que 25 pharmaciens sur 26 ont recommandé une visite immédiate chez un médecin [24].

En 2016, le magazine Consumer Reports a publié une liste de 15 ingrédients de suppléments et de plantes que les consommateurs devraient toujours éviter : l'aconit, la poudre de caféine, le chaparral, le tussilage, la consoude, la germandrée, la grande chélidoine, la poudre d'extrait de thé vert, le kava, la lobélie, la méthylsynéphrine, l'huile de menthe pouliot, la levure de riz rouge, l'acide usnique et le yohimbe [25]. Le magazine a aussi envoyé 43 clients mystères chez Costco, CVS, GNC, Walgreens, Whole Foods et Vitamin Shoppe — 60 magasins dans 17 États — où ils ont interrogé des employés (surtout du personnel de vente, mais aussi quelques pharmaciens) sur des produits contenant plusieurs de ces ingrédients. La plupart des employés n'ont pas averti les clients des risques ni demandé s'ils avaient des problèmes de santé préexistants ou prenaient des médicaments, et beaucoup ont donné des renseignements trompeurs ou carrément faux [26].

Ce qu'il faut retenir

Rappelez-vous que la grande majorité des gens qui travaillent dans les magasins d'aliments naturels n'ont aucune formation officielle en nutrition ou en soins de santé et ne sont pas qualifiés pour donner des conseils sur des questions de santé. Si vous avez un problème de santé, consultez un médecin qualifié. Pour des conseils sur votre alimentation, un(e) diététiste ou nutritionniste agréé(e) est habituellement le meilleur choix.

Références

  1. Faucher, E. Beware of health food store salesmen. National Enquirer, May 23, 1976, p 9.
  2. Stoffer SS and others. Advice from some health food stores. JAMA 244:2045-2046, 1980.
  3. DeVries J. Health-store ‘cures’ win little respect from doctor. Arizona Republic March 8, 1981, pp A1-2.
  4. Motil B: Advice from the health food stores: How healthy is it? Columbus Monthly 10:79, 88, Jan 1984.
  5. Meister KM. Do health food stores give sound nutrition advice? ACSH News and Views, May/June 1983.
  6. Aigner C. Advice in health food stores. Nutrition Forum 5:1-4,1988.
  7. Fritz V. Wheat germ, rice flour, and nutritional baloney. The Health and Nutrition Newsletter, Winter 1988.89.
  8. Martin N. AIDS fraud rampant in Houston. Nutrition Forum 7:16, 1990.
  9. Haidet JM. Poor advice plus doubletalk: A probe of “health food” stores in central Ohio. Nutrition Forum 9:6-7, 1992.
  10. CBS Evening News, May 24, 1993, 6:30-7:00 PM.
  11. Unsubstantiated Claims and Documented Health Hazards in the Dietary Supplement Marketplace. Rockville MD: Food and Drug Administration, June 1993.
  12. Pumphrey JE. Marketing of ephedra products in health food stores. Nutrition Forum 12:33-34, 1995.
  13. Gotay CC, Dumitriu D. Health food store recommendations for breast cancer patients. Archives of Family Medicine 9:692-698, 2000.
  14. Glisson JK and others. Clinic at the health food store? Employee recommendations and product analysis. Pharmacotherapy 23:64-72, 2003.
  15. Health food stores’ recommendations for nausea and migraines during pregnancy. Annals of Pharmacotherapy 39:274-279, 2005.
  16. Vickers AJ and others. Advice given by health food shops: is it clinically safe? Journal Annals of Pharmacotherapy of the Royal College of Physicians 32:426-428, 1998.
  17. Healy B and others. Do natural health food stores require regulation? New Zealand Medical Journal 115:U165, 2002.
  18. Calder J and others. Health information provided by retail health food outlets. Canadian Journal of Gastroenterology 14:767-771, 2000.
  19. Mills E, Ernst E, and others. Health food store recommendations: Implications for breast cancer patients. Breast Cancer Research 5:170-174, 2003.
  20. Mills E and others. Emerging issues associated with HIV patients seeking advice from health food stores. Canadian Journal of Public Health 94:363-366, 2003.
  21. Mills E. and others. Impact of federal safety advisories on health food store advice. General Internal Medicine 19:269-272, 2004.
  22. Koren G and others. Comparison of verbal claims for natural health products made by health food stores staff versus pharmacists in Ontario, Canada. Canadian Clinical Journal of Pharmacology 13:2251-256, 2006.
  23. Advice on dietary supplements: a comparison of health food stores and pharmacies in Canada. Journal of the American College of Nutrition 28: 674, 2009.
  24. Sibers R and others. High blood pressure advice given by natural health food stores. New Zealand Medical Journal 122. 2009.
  25. 15 supplements ingredients to always avoid. Consumer Reports Web site July 27, 2016.
  26. Supplements can make you sick. Consumer Reports Web site, July 27, 2016.

Cet article a été révisé le 1 novembre 2016.